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Un médecin m'avait prescrit des examens mais je ne les ai pas faits. « Je ne voulais pas savoir » reconnaît David. À 31 ans, marié, jeune père d'une petite fille, David refuse de s'inquiéter des légers tremblements qui agitent son côté gauche depuis des années.

Et puis c'est un membre de sa famille, médecin généraliste, qui le convainc d'aller voir un neurologue. Rendez-vous est pris dans un hôpital. Il s'y rend avec sa femme, pour ne pas être seul face aux mots des médecins. « Vous avez sans doute la maladie de Parkinson. » Le jeune interne lui assène le diagnostic, avant de quitter la salle sans plus d'explication. David en garde un violent ressentiment vis-à-vis du corps médical qu'il juge "arrogant" et sans pédagogie aucune, le contraire des équipes qu'il rencontrera plus tard. « Des gens pleins d'humilité, qui me regardent dans les yeux, me posent des questions sur ce que je sens, m'écoutent parler et prennent le temps de m'expliquer la maladie. »

Très vite, David a fait le choix d'informer ses proches et ses collègues de travail. « On m'a posé beaucoup de questions au début, ensuite un peu moins. Aujourd'hui, plus du tout. Je mène une vie normale. Je travaille énormément et le reste du temps, je m'occupe de ma femme et de ma fille. Ça fait très "film américain" de dire ça, mais la maladie m'a apporté beaucoup. Du calme, de la sérénité... exactement ce que je recherchais dans la vie. »
   
La maladie se manifeste par une lenteur des mouvements, une raideur, et le plus souvent un tremblement de repos. Il n'existe pas une mais des maladies de Parkinson au tableau clinique différent et au pronostic variable. C'est ce que doivent bien comprendre les patients qui sont atteints par cette affection. La plupart des formes, relativement bénignes, seront bien améliorées par la prise au long court de médicaments, en l'occurrence la L-DOPA et ses dérivés ; dans quelques cas rares, certaines formes de ces affections répondent mal à ce traitement, d'où leur sévérité.

Les symptômes des maladies de Parkinson sont la conséquence d'une destruction massive de neurones situées dans la profondeur du cerveau, à la jonction entre le cerveau et la moelle épinière (les neurones de la substance noire qui secrètent une substance appelée dopamine), mais dans certaines formes graves de la maladie la dégénérescence nerveuse atteint d'autres structures (non-dopaminergiques), avec donc une réponse plus limitée au traitement par la L-DOPA.

L'évolution de la maladie de Parkinson a été en effet transformée par l'utilisation de la L-DOPA et ses dérivés. Ces substances rétablissent les concentrations de dopamine, permettant à nouveau une transmission nerveuse normale. Après quelques années, pourtant, l'efficacité de ce traitement substitutif se réduit progressivement avec le temps du fait de l'apparition de lésions cérébrales non-dopaminergiques. A ce stade, beaucoup de malades sont souvent gênés par les effets désagréables des médicaments, sous forme de mouvements anormaux involontaires et de blocages moteurs intermittents. C'est dans ces derniers cas que prend tout leur intérêt une nouvelle technique neurochirurgicale, la stimulation des structures cérébrales profondes (soit la mise en place d'électrodes très fines dans des structures cibles bien identifiées au sein du cerveau, un courant à haute fréquence étant déchargé en permanence à l'extrémité de l'électrode grâce à la mise en place d'un stimulateur externe, généralement placé sous la clavicule). Cependant, l'indication de cette chirurgie est limitée à environ 5% des cas, avec des résultats très satisfaisants lorsque les critères d'inclusion sont excellents.

L'immense « challenge » de la recherche dans ce domaine est, d'une part, de trouver des médicaments autres que la L-DOPA, qui permettent d'améliorer les symptômes ne répondant pas à ce traitement substitutif, d'autre part d'arrêter l'évolution de la maladie, voire de la prévenir. Les remarquables découvertes effectuées au cours de ces dernières années dans ce domaine permettent aujourd'hui de grands espoirs.
 
       
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