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C'était dans les années 1975-76. À l'époque, on ne parlait pas de sclérose en plaques. C'est seulement dix ans plus tard que j'ai entendu prononcer ce nom pour la première fois se souvient Jean-Marie. « En un sens, j'ai de la chance, parce que la sclérose en plaques est une maladie dont on connaît les développements » explique-t-il.

Jean-Marie s'est tout de suite préoccupé de la façon dont il pouvait vivre la maladie au jour le jour : « À mon premier contact avec un fauteuil roulant, en 1989, j'avais d'ores et déjà organisé ma vie quotidienne : installer une rampe devant mon pavillon, un fauteuil électrique me permettant d'aller au sous-sol pour monter dans ma voiture – je conduis toujours – aménager la salle de bains, la largeur des portes... Je n'ai jamais baissé les bras et je me suis investi personnellement dans des structures comme l'Association des Paralysés de France ».
Pour lui qui a passé sa première IRM il y a seulement quelques mois, l'espoir ne se situe pas seulement au niveau de la recherche, ces « portes ou fenêtres qui peuvent soudain s'ouvrir ». L'amélioration du quotidien des patients et l'émergence d'une "culture de l'échange" avec le corps médical qui permettrait de soulager des patients souvent fragilisés. Jean-Marie voit aujourd'hui l'apparition de cette approche globale.
La particularité de cette affection est l'évolution par poussées qui sont bien imprévisibles. Aucun de ces signes n'a de valeur spécifique, et c'est leur association et leur caractère régressif qui attire l'attention du clinicien. Les progrès de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) permettent désormais un diagnostic précoce de la maladie, et donc une prise en charge thérapeutique mieux adaptée. Il peut s'agir d'administration de corticoïdes lors des poussées de la maladie, de traitements immunomodulateurs pour prévenir les poussées, d'immonosuppresseurs dans le cas de formes agressives de l'affection.

La sclérose en plaques est caractérisée par la destruction de la gaine de myéline (c'est-à-dire le manchon qui entoure l'axone - ou prolongement nerveux – du neurone) au sein du cerveau et de la moelle épinière. Les lésions qui en résultent apparaissent sous forme de « plaques » disséminées, qui sont d'abord inflammatoires puis cicatricielles, définitives. La mise en évidence de plusieurs facteurs de prédisposition génétique à la maladie ne suffit pas à expliquer l'apparition de cette maladie, sauf dans quelques très rares formes héréditaires de l'affection. Des facteurs environnementaux interviennent donc probablement, mais ils restent à déterminer. Le phénomène initial est représenté par l'entrée de cellules inflammatoires au sein du système nerveux central, et ce n'est que dans un deuxième temps que la destruction segmentaire de la myéline apparaît. Cependant les mécanismes intimes de la sclérose en plaques sont encore mal connus, d'autant que les tableaux cliniques sont polymorphes. La recherche s'oriente donc, ici encore, pour guérir, prévenir et réparer. D'où l'importance de bien comprendre les mécanismes qui sont responsables de la destruction de la myéline et des cellules nerveuses. Un grand espoir est actuellement placé dans la découverte de traitements neuroprotecteurs et de techniques de réparation de la myéline.
 
       
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