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Les symptômes du TOC sont variés, mais les plus classiques sont les doutes irrationnels entraînant des vérifications excessives (fermeture des portes ou des robinets, positionnement des objets, etc.), et les peurs la contamination par les microbes. Autant de symptômes qui empêchent de toucher les choses ou obligent à des lavages souvent ritualisés (mains, douche, ménage). Le TOC touche aujourd’hui 2 à 3% de la population, les enfants comme les adultes et les femmes comme les hommes.

Les doutes et les craintes des personnes souffrant de TOC dépassent largement les pensées dérangeantes que nous avons tous de temps en temps : ils sont envahissants, très peu contrôlables, et peuvent perturber gravement la vie quotidienne. Il ne s’agit pas d’une psychose car les personnes savent que leurs craintes sont injustifiées, mais elles ne parviennent pas à s’en détacher. Les symptômes sont présents parfois pendant plusieurs heures par jour, avec des conséquences majeures sur la capacité à travailler, à vivre avec les autres, ou à assumer les taches les plus simples. Les proches de personnes souffrant de TOC sont souvent démunis car ils hésitent entre une assistance excessive et un rejet total par découragement et incompréhension. Plus de la moitié des personnes souffrant de TOC développent d’autre part une dépression. Deux types de traitement sont efficaces : certains antidépresseurs agissant sur le métabolisme de la sérotonine - même en l’absence d’état dépressif - et les thérapies cognitives et comportementales (ou TCC). Pour les patients les plus sévères, des médicaments bloquant la transmission dopaminergique peuvent également avoir un effet bénéfique. Ces méthodes permettent d’aider une majorité de patients, mais les traitements sont souvent longs et difficiles à suivre et sont malheureusement insuffisants dans environ 20% des cas.

Il n’existe pas une cause unique expliquant la survenue de TOC. Des facteurs psychologiques, biologiques et sociaux sont en cause. Les facteurs psychologiques peuvent être liés à des événements vécus et à une certaine fragilité de la personnalité. Cependant divers dysfonctionnements cérébraux sous-tendent la genèse des TOC. De nombreuses recherches visent à les préciser pour trouver de nouveaux traitements. L’efficacité thérapeutique des médicaments utilisés suggère une implication des systèmes sérotoninergique et dopaminergique dans la physiopathologie du TOC. Les études en neuroimagerie ont aussi mis en évidence un fonctionnement excessif de certains circuits neuronaux (le cortex orbito-frontal, préfrontal dorso-latéral et cingulaire antérieur) et des ganglions de la base (notamment le striatum ventral). Une hypothèse en cours d’exploration est celle d’un dérèglement de ces réseaux cérébraux impliqués dans la détection des erreurs commises dans l’évaluation des risques encourus, pour expliquer les doutes répétés et les vérifications incontrôlables des patients. Ces recherches en neuroimagerie s’enrichissent des résultats de la stimulation cérébrale profonde, une technique thérapeutique innovante qui agit en modulant électriquement le fonctionnement de réseaux cérébraux, proposée à des patients souffrant de TOC sévères et résistants à toute thérapeutique conventionnelle. L’objectif in fine est de comprendre les mécanismes cérébraux à l’origine du TOC pour traiter plus efficacement les patients qui en souffrent.
Docteur Luc MALLET Equipe Avenir Inserm Hôpital
Pitié-Salpêtrière
 
       
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